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Editorial
 

  Les réformes réalisées en douane sont transposables ailleurs

Nous allons exposer ici les recettes clefs qui ont fait le succès de Gnamien Konan à la tête des douanes ivoiriennes pendant sept (07) ans. Gnamien Konan a un gros avantage sur ses concurrents. Un bilan plus que positif, reconnu par tous en sept ans de gestion d’un des secteurs les plus difficiles à gérer dans le tiers monde, en Afrique singulièrement. Lire la suite...

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mars 23

Ecrit par: Rédacteur Actualité
23/03/2010 16:37

 Interwiew du Président Gnamien Konan dans L'Inter du vendredi 19 Mars 2010

« Donnons la nationalité aux 6, 300 millions d’inscrits »

Gnamien Konan explose : « Il n’y aura pas d’élection avant octobre 2010 » « Gbagbo a d’autres sujets conflictuels dans le tiroir » « Le régime présidentiel n’est pas bon pour nous » « Le cinquantenaire, c’est du gaspillage d’argent » « L’Onuci est devenue la plus grosse Ong d’Afrique »

vendredi 19 mars 2010 par Assane NIADA

M.Gnamien Konan, quels sentiments vous inspire la récente crise née de l’affaire Mambé ? Merci pour l’opportunité que vous m’offrez de me prononcer sur cette crise survenue suite à la prétendue fraude sur la liste électorale. Je pense qu’elle a été créée artificiellement par le camp présidentiel pour gagner du temps. Je vais même être plus précis, en ajoutant qu’elle a été suscitée pour que les élections ne puissent se tenir au plus tôt qu’en octobre 2010, c’est-à-dire après les festivités du cinquantenaire. Et tenez vous bien, octobre 2010 n’est même pas un acquis. On a parlé de dissolution, mais en quoi le gouvernement précédent a-t-il été dissous ? On aurait pu parler de remaniement ministériel, de léger remaniement ministériel même. On aurait évité cette tension inutile et ce gaspillage de vies humaines. Car, à la vérité, il s’agit bien d’un remaniement.

Pourquoi avoir cherché à lier la question du remaniement du gouvernement au problème de la CEI ? En quoi le départ de Mambé (ex-président de la Commission électorale indépendante (CEI), ndlr) et de ses vice-présidents va-t-il nous permettre de sécuriser davantage le processus électoral ? Je le dis et je le répète : les tenants du pouvoir veulent organiser les élections, le plus tard possible, au plus tôt en octobre 2010. Il y a suffisamment de sujets conflictuels dans leurs tiroirs. Ils en ont juste sorti un. Et j’entends les gens dire que le RHDP est sorti vainqueur de cette crise ou que le président Gbagbo en est sorti affaibli. Je dis qu’ils n’ont rien compris ; le président a eu exactement ce qu’il voulait : gagner du temps ! C’est le dernier de ses soucis qu’un tel soit ministre ou pas, lui, il voulait juste gagner du temps ; il en a gagné. Qu’on se le dise une fois pour toutes : tant qu’il aura les forces de défense et de sécurité et surtout les finances sous son contrôle, nous pouvons marcher autant que nous voulons.

Qu’est-ce qui vous fait dire que le président a créé cette crise pour juste gagner du temps ? Tout homme sensé qui a suivi cette crise et qui a vu son dénouement ne peut arriver qu’à une seule conclusion : c’est une perte de temps.

Mais perte de temps au profit de qui ? Pour moi, c’est au profit du président de la République, qui a compris qu’avec ce schéma, qui fait de lui juge et partie, joueur et arbitre, il peut rester au pouvoir tant qu’il voudra. Peu importe ce que les Ivoiriens endurent. La preuve, on nous a promis un gouvernement qui va travailler pour les Ivoiriens, mais à l’arrivée, si ce n’est pas le même gouvernement, ça y ressemble. Cette fois-ci, au moins, les ministres sont sincères. Ils avouent ne rien comprendre à ce qu’on leur demande. On a réussi à trouver le seul ivoirien qui n’aime pas le football pour en faire son ministre des Sports. A trois mois du mondial ! Chapeau ! Ils ne savent pas non plus pour combien de semaines ils sont là. La seule chose qu’ils savent, c’est que leur parti les envoie en mission, pour chercher l’argent de la campagne, en vitesse. Ayez le courage et l’honnêteté de proposer une date, même si elle ne tient compte que de vos intérêts. Surtout arrêtez de nous prendre pour des imbéciles !

Au sortir des récentes négociations menées par le facilitateur à Abidjan, il a été pourtant décidé que la présidentielle aura lieu fin avril-début mai ? Est-ce que vous les entendez ? Ils disent : tant que la liste électorale n’est pas propre, il n’yaura jamais d’élection.

Qui est propre en Côte d’Ivoire ? Allons aux élections avec les six millions trois cent mille enrôlés. Point ! Celui qui inspire confiance aux Ivoiriens l’emportera. La Côte d’Ivoire se meurt. Fin avril-début mai ? Mais il avait été aussi dit chez le même facilitateur que l’élection se tiendrait enfin, le 30 novembre 2009, mais finalement on nous a renvoyé à fin février-début mars, au dernier CPC. Aujourd’hui, on nous parle encore de fin et de début. Ce qui est curieux, c’est qu’avant qu’on ait la liste électorale provisoire, on avait une date précise, le 29 novembre 2009 ! Mais maintenant qu’on a une plus grande lisibilité avec la confection de cette liste, on nous propose des périodes. Soyons sérieux, il n’y aura pas d’élection avant octobre 2010, à moins qu’on les confie à notre ministère de l’Intérieur !

Vous disiez tantôt que le président Gbagbo est juge et partie. Sur quoi fondez-vous cette affirmation ? Bien, écoutez ! On nous parle de commission électorale indépendante, mais on s’est bien rendu compte qu’il y a un candidat qui peut la dissoudre quand il veut. Vous pouvez mettre qui vous voulez à la tête, si elle ne pas son affaire, il la dissout et puis y a rien. De toutes les façons, il a l’argent. Tout l’argent. Le président Gbagbo veut faire payer ceux qui l’ont attaqué le 19 septembre 2002, en faisant deux mandats sans élection. Il peut penser avoir raison, mais le problème, c’est que ce sont les Ivoiriens qui trinquent. Depuis dix ans, ce sont les jeunes ivoiriens qui ont des diplômes et n’ont aucun emploi ni un seul stage. Depuis dix ans, l’école ivoirienne est en décomposition. La seule politique de l’école, c’est le trafic des prises en charge.

Quel jugement portez-vous sur la façon dont chaque camp a géré cette crise ? Moi, je veux que mon pays évite la guerre civile, le gaspillage de vies humaines, le gaspillage de temps et le gaspillage de deniers publics. On a envoyé les jeunes dans la rue et certains sont morts. Après, on est venu négocier pour placer ses hommes, aussi bien à la CEI qu’au gouvernement. Or donc on aurait pu s’assoir et s’entendre avant. On aurait pu nous éviter une crise complètement inutile. Des jeunes sont morts pour rien, je dis bien, pour rien !

Avez-vous été associé, en tant que candidat à la présidentielle, aux négociations ayant permis de décanter la situation ? Nous autres, nous ne voulons qu’une chose : nous mettre au service de la Côte d’Ivoire pour apporter notre modeste contribution, notre désintéressement, en toute humilité, pour qu’elle sorte de la galère dans laquelle ils l’ont plongée. Nous ne sommes pas partie prenante des conflits, donc dès qu’il y a conflit, nous sommes hors sujet. Car pour nous, la politique ne devrait être qu’une saine compétition entre les amoureux de la Côte d’Ivoire. Quand la politique devient violente, quand elle tue, c’est qu’elle met aux prises des personnes qui ne sont guidées que par leurs propres intérêts, des personnes qui veulent coûte que coûte être président. Nous ne sommes pas partisans de cette logique. Donc nous ne marcherons jamais dans un pays malade pour réclamer des privilèges, ou participer à des négociations de sorciers. Les gens ont décidé depuis Marcoussis ( Linas-Marcoussis, banlieue parisienne où a été signé le premier accord sur la crise ivoirienne, ndlr), que seuls, les palabreurs ont voix au chapitre. Du coup, ils ont le sentiment d’être seuls. Avec la complicité de la communauté internationale. Nous, nous sommes entrés en politique pour proposer une alternative aux Ivoiriens. Depuis le début, je m’évertue à dire que Gbagbo ou Bédié ou Ouattara, ce n’est pas la fin de la crise. Tant que la gestion du pays sera confiée à ce trio que j’appelle affectueusement THE BOG (Bédié-Ouattara-Gbagbo), nous n’en sortirons jamais ! Aucun d’eux n’est véritablement préoccupé par le bien-être des Ivoiriens. Nous en avons déjà les preuves. Ils diront toujours qu’on ne sortira pas de la crise tant qu’il n’y aura pas d’élection, parce qu’en fait, le pillage organisé continuera aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’élection.

Comment expliquez-vous l’attitude attentiste des populations face à ce jeu auxquels se livrent des acteurs politiques ? Les Ivoiriens affichent cette indifférence parce qu’ils ne sont pas prêts à offrir leur poitrine pour arracher le pouvoir à Gbagbo pour le remettre à Bédié ou à Ouattara, parce qu’ils savent qu’ils n’y gagneront rien. Les médias, la communauté internationale, tout le monde fait croire qu’il n’y a que ces trois-là. Dans un tel schéma, le peuple ne lèvera pas le petit doigt tant qu’il n’y aura pas un leader en qui il se reconnaît. Cela ne veut pas du tout dire que les Ivoiriens sont contents de la gestion du pouvoir actuel. Pour le moment, ils estiment qu’ils n’ont pas le choix. Nous essayons de leur dire, comme nous le pouvons, qu’ils ont le choix, qu’il y a des fils de ce pays qui sont prêts à se mettre à leur disposition. Que les coups d’Etat militaires ne sont pas les seules alternatives. Mais nous avons encore du mal à nous faire entendre, parce que ça coûte cher à un homme politique de se faire entendre. Surtout avec une télévision caporalisée comme la nôtre. Cette crise est aussi celle des médias. Si avant et après la dissolution du gouvernement et de la CEI, notre télévision avait initié des débats, les populations ne seraient pas descendues dans la rue. Les gens pensent qu’ils gagnent à verrouiller la télévision, mais ça va nous emporter tous. Car, quand les gens ne s’expriment pas, c’est comme une marmite fermée qui bout, si on ne l’ouvre pas, le couvert finit par sauter. Il n’y a pas que le football qui intéresse les Ivoiriens. Vous disiez que le fait de remplacer un président de la CEI par un autre ne sécurise pas davantage le processus électoral.

Pour vous donc, Beugré Mambé ou Youssouf Bakayoko, c’est du pareil au même ? Le vrai problème, c’est comment confectionner la liste électorale définitive. J’ai entendu des gens dire qu’il n’est pas question qu’on accepte des non-Ivoiriens sur la liste électorale, moi je dis : ça suffit ! Si on veut la paix dans ce pays, considérons que les 6 millions 300 mille personnes qui se sont inscrites sur la liste électorale veulent la nationalité ivoirienne ; donnons-leur la nationalité et avançons ! Six millions trois cent mille électeurs, c’est bon. Si des étrangers se sont fait enrôler et qu’ils veulent être Ivoiriens et voter, laissons-les ! La question des étrangers ne se situe pas à ce niveau ! Comment nous organiser pour qu’ils ne prennent pas toute la place, c’est cela notre problème. Et enfin si un étranger parvient à être président de ce pays, c’est que les Ivoiriens eux-mêmes l’auront voulu. D’ailleurs comment feront-ils, s’il n’y a plus d’étranger parmi les candidats ? Sinon Youssouf Bakayoko a l’air plutôt sympathique.

Il a comme un petit air de Fologo ! Que pensez-vous de la recomposition des CEI locales ? Je ne sais même pas comment elles sont composées et ça ne me dérange pas. Après deux mandats d’échecs, il y en a qui sont plus chauds que jamais. Qu’on arrête enfin ! Tout le monde n’est pas aussi heureux dans cette situation. La paix ne peut être que le résultat de concessions réciproques. Ce qu’il faut éviter, c’est de perdre à nouveau du temps.

Faut-il nécessairement désarmer les ex- rebelles avant les élections ? Il faut poser cette question aux signataires de l’APO. Ceux qui ont allumé la flamme de la paix à Bouaké ; ceux qui leur ont donné la primature ; ceux qui vont en boîte de nuit avec eux. C’est à eux de répondre. Mais on a déjà fixé la date des élections, en 2009, sans que ça ne soit un obstacle.

Comment le candidat Gnamien Konan vit-il cette période de délestage ? Comme tous les ivoiriens, avec mes petites lampes chinoises et mes seaux d’eau. L’énergie, c’est indispensable pour la société moderne. Mais l’école ivoirienne aussi est en panne, les centres de santé aussi sont devenus des mouroirs, les routes aussi sont en panne, les élections aussi. Tout est en panne ici.

Que pensez- vous du cinquantenaire ? Diversion ? Gaspillage de temps ? Gaspillage d’argent ? Tout ça à la fois ? Moi, je vais leur donner les réponses qu’ils cherchent si ça peut leur faire gagner du temps. On est sous-développés parce qu’on n’a pas de bons dirigeants. Parce qu’on ne sait pas à quoi ça sert l’argent des impôts. Parce qu’on ne sait pas à quoi ça sert l’école. Parce qu’on ne sait pas que le régime présidentiel n’est pas bon pour nous. Parce qu’on ne sait pas que travailler, c’est mieux que s’amuser. Tout le reste n’est que gaspillage et bla-bla-bla !

Pour terminer, où vous en êtes avec votre campagne ? Croyez-vous encore en ces élections sans cesse reportées ? Bien sûr qu’il y aura des élections un jour en Côte d’Ivoire ! IN CHA ALLAH ! Quand ? Je n’en sais rien. Tant que les tenants du pouvoir auront le sentiment qu’ils peuvent perdre les élections, ils n’y iront pas d’eux-mêmes. C’est évident pour tout le monde. Et la communauté internationale se trouve entre fébrilité et lassitude. Tout ce qui marche ailleurs n’a aucun effet ici. On a développé une résistance à tous les remèdes de la diplomatie moderne. L’ONUCI est en passe de devenir la plus grosse ONG d’Afrique. Elle a décidé de traiter les conséquences et non les causes. Mais tant que nous aurons la conviction d’être l’ultime alternative, nous continuerons. Pour terminer, je voudrais lancer un appel à mes frères et sœurs du camp présidentiel : ça n’existe pas, dans un pays démocratique, de bonnes raisons pour ne pas tenir les élections, pendant dix ans. Nous ne faisons que nous mettre au ban de la communauté des nations civilisées. Il y a des fois où des candidats ont accepté leur défaite, rien que pour sortir leur pays de l’impasse. Ressaisissons-nous !

Interview réalisée par Assane NIADA

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1 autres commentaires...

Re: Gnamien Konan, Président de l'UPCI et candidat à la présidentielle : «Donnons la nationalité aux 6, 300 millions d’inscrits »

Je prends beaucoup de plaisir à vous lire monsieur Gnamien, vous représentez de changement de président à mes yeux la vrai alternative dont a besoin la côte d'ivoire pour sortir de l'éteau dans lequel nous a encastré les assoifés de pouvoir..le peuple ivoirien mérite autre chose que ce à quoi nous assistons impuisant: la mauvaise gestion, les détournements de déniers publics, l'impunité, la corruption...
Un pays ne se transforme pas a coup de changement de président, de remaniement ministériel ou administratif, mais par la VOLONTE professionnelle des acteurs de l'économie et surtout par la VOLONTE politique de l'état dont l'action doit se matérialiser par la création d' institutions fortes et indépendantes aux travers des lois..
On aura beau changer les hommes, on aura pas de résultat positif c'est la nature de l'Homme qui est en cause, en revanches on mettra juste des gardefous, on atteindra nos objectifs non pas parce pare qu'on aura confier ses responsabilités à des saints mais simplement parce que le système n'aura justement pas permis des abus.
Comment y arriver ? comment reconnaître celui dont l'action accouchera de ce contre pouvoir?
Le secret, c'est la vision...
Et votre anticipation sur la sortie de cette crise économique finie de me convaincre. En conséquence, je vous apporte mon modeste soutien ainsi que celui des ivoiriens en France qui vivent cette situation avec drame..
00336 22 59 41 34

By philippe LAVIGNE on   06/04/2010 18:12

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