L’intelligent d’Abidjan N°1931 du mardi 9 mars 2010
Débat sur l'Ivoirité / Contentieux sur le listing électoral
L’opposition et la majorité présidentielle s'empoignent
Propos recueillis par Olivier Dion et S.D
Dans un article paru dans un journal de la place en 1997, et repris par l'lA dans son édition du samedi 06 Mars 2010 faisant le procès de l'ivoirité prônée par le régime d'alors, le Pr. Mamadou Koulibaly, actuel Président de l'Assemblée nationale et vice-président du FPI, écrivait: "Nous n'avons pas besoin d'une identité commune mais il faut une fois partager en un contrat social librement accepté par tous". C'était toute l'expression de son dédain à l'égard d'une idéologie qu'il jugeait contre-productive. Répliquant à ces propos, Venance Konan, journaliste écrivain, invite le président Koulibaly Mamadou à démissionner du FPI, considérant que ce parti se présente aujourd'hui comme le chantre d'une idéologie autrefois vouée aux gémonies. Un débat qui suscite la réaction de la classe politique.
1- PRO NIAMKÉ KOFFl, PORTE-PA ROLE DU PRÉSIDENT DU POCI RDA "C'est un débat entre deux individus"
« Ce n'est pas un débat national. C’est plutôt un débat entre deux indjvidus. Si c'est pour foire allusion au contentieux électoral, il y a des règles prescrites par la loi et i] n'y a qu'à s'y conformer »
2- ANGÊLE GNONSOA. VlCE-PRÉ S1DENTE PIT
"C'est une question dépassée"
« Il fout laisser Venance et Koulibaly à leur polémique. La question n'est pas à notre programme, elle est dépassée â notre niveau et il faut laisser ceux qui veulent en débattre le faire. C’est aujourd’hui la journée internationale de la femme. Sur ce sujet je peux vous-répondre ou même, vous accorder une interview».
3- GNAMIEN KONAN. PRÉSIDENT UPCI
"Tout le reste n'est que subterfuge"
«La seule chose qui dérange le peuple de Côte d'Ivoire est que le FPl ne veut pas aller aux élections. Il invente des choses plus ou moins vraisemblables pour aboutir â un blocage. On connaît la crise de la Cei et maintenant l'on entend parler des Cei locales, de désarmement. Aujourd'hui encore il fout aller chercher des étrangers cachés sur la liste électorale provisoire des 5.3 millions d'inscrits validés et remise au Chef de l'Etat en présence de toutes les structures impliquées dans l'identification. En fait tout le problème du FPI c'est de ne pas aller aux élections. Ce processus demande de la tolérance. Qu'on accepte les 6,3 millions d'inscrits comme des ivoiriens. Ce qui est important c'est qu'il y a 14 candidats déclarés comme des ivoiriens. Donc même si c'étaient 6,3 millions de burkinabé qui devraient voter, ils voteraient un Ivoirien. Nous avons 322.462 km2 et la Côte d'Ivoire peut contenir tout ce monde. Tout le reste n'est que subterfuge ».
4- MARTIN SOKOURI BOHUI, SE CRÉTAIRE NATlONAL AUX ÉLECTIONS FPI
"Nous ne nous laisserons jamais intimider par un tel débat"
« Nous ne nous laisserons pas intimider par un tel débat Sur le contentieux électoral il faut appliquer la loi. Nous ne tomberons donc pas dans le piège de gens qui ont inscrit volontairement des étrangers sur les listes électorales. Nulle part au monde des étrangers ne prennent part au vote. Nous exigerons donc qu'ils soient extraits. Ce n'est pas être ivoiritaire ou xénophobe JJ.
5- KABRAN APPIAH, PRÉSIDENT DU MOUVEMENT CITOYEN ALTERNATIVE
« Le vrai débat c'est l'identité d'Alassane Ouattara »
«Toute question relative à l'ivoirité n'a pas de sens, parce que ce sont les Ivoiriens qui ont décidé de s'auto flageller ainsi. Je pense qu'on parle d'ivoirité, parce qu'on évite le vrai débat qui est l'identité d'Alassane Ouattara. Il y a beaucoup de nos frères qui partagent notre quotidien, dans le cadre de la création des richesses, mais il n'en demeure pas moins des ressortissants d'autres pays. Je pense que c'est un faux-débat mais que certaines personnes en profitent pour exclure leurs adversaires, c'est encore un autre faux débat. Et entre des faux-débats, il faut choisir le juste milieu et dire la vérité ».
6- JEAN BLÉ GUIRAO, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT DE L'UDPCI
«Je ne suis pas d'accord avec les ivoiritaires»
«Chaque peuple a une identité et chaque peuple se distingue par son identité, qu'elle soit culturelle, politique ou sociale. Est-ce cela l'ivoirité, je ne sais pas. Mais, je ne suis pas d'accord avec les ivoiritaires, qui veulent galvauder ce terme et qui pensent que les Ivoiriens doivent vivre en autarcie et rester en marge des autres peuples, au moment où le monde devient un village planétaire».