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Editorial
 

  Les réformes réalisées en douane sont transposables ailleurs

Nous allons exposer ici les recettes clefs qui ont fait le succès de Gnamien Konan à la tête des douanes ivoiriennes pendant sept (07) ans. Gnamien Konan a un gros avantage sur ses concurrents. Un bilan plus que positif, reconnu par tous en sept ans de gestion d’un des secteurs les plus difficiles à gérer dans le tiers monde, en Afrique singulièrement. Lire la suite...

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févr. 20

Ecrit par: Rédacteur Actualité
20/02/2010 14:01

Interview 
Dissolution du gouvernement et de la CEI / Gnamien Konan réagit : "Il faut confier l’organisation des élections à l’ONU pour plus de transparence"

L’actualité sociopolitique de Côte d’Ivoire dominée par l’arrestation de l’ancien président de la chambre des notaires Me Gnamien, dans le cadre de l’enquête sur la filière Café-cacao, la dissolution du gouvernement et de la Commission Electorale Indépendante par le Président de la République depuis le vendredi 12 Février 2010 suscite beaucoup de commentaires. Nous avons échangé sur la question avec Gnamien Konan président de l’Union Pour la Côte d’Ivoire et candidat à l’élection présidentielle. Dans cette interview exclusive, le colonel major jette un regard sur la vie de son pays qui amorce aujourd’hui, un pan décisif de son histoire, avec la formation du deuxième gouvernement Soro.

Votre frère cadet Me Gnamien a été arrêté et écroué à la Maca le lundi 8 février 2010. Qu’est ce qu’on lui reproche ?
Je n’en sais rien ! Certainement qu’on l’accuse d’avoir détourné l’argent des planteurs.
 
Vous avez tant tôt dénoncé l’attitude des grilleurs de cacao que vous assimiliez à des fossoyeurs de l’économie ivoirienne. Voilà qu’on découvre que votre frère a participé à la grillade de cacao…
Vous allez vite en besogne. Mon frère est détenu à la Maca sous mandat de dépôt dans le cadre d’une instruction. Pour votre gouverne, je vous apprends que mon frère qui est notaire ne gère aucune structure appartenant à la filière. Et par conséquent, il ne peut pas détourner de l’argent appartenant à cette filière. Les grilleurs de cacao se trouvent parmi les gérants.
 
Y a-t-il un lien entre son arrestation et votre candidature à l’élection présidentielle ?
Mon frère n’est pas candidat, c’est moi qui suis candidat et il n’y a pas de lien entre ma candidature et ses activités professionnelles.
 
Envisagez-vous demander la clémence du Président de la République ?
Êtes-vous entrain de me dire que c’est le Président qui l’a arrêté ? Dans ce cas, en effet il faudrait, peut être, que j’accompagne ses six enfants et son épouse chez lui. Je profite pour remercier toutes les personnes mobilisées autour de lui pour faire triompher la vérité. Faisons confiance à notre justice et à nos frères et sœurs magistrats. Ils sont capables d’être justes. Mais faisons surtout confiance à notre Dieu, rien ne lui échappe. Sa volonté s’accomplira en tout temps et en tout lieu.
 
 M. le président d’où provient l’argent de financement de votre campagne ? Auriez-vous vraiment détourné de l’argent des Douanes pour financer votre campagne ?
Peut-on enfin clore ce débat ? Je cherche aujourd’hui de quoi pour poursuivre mes activités politiques. Je profite de vos colonnes pour lancer un appel aux militants et aux bonnes volontés. Le changement démocratique en Côte d’Ivoire que nous appelons, tous, de nos vœux a un coût. La fin de la corruption et de la médiocratie a un coût. Malheureusement ce coût est largement supérieur aux sacrifices d’un seul individu.
 
Au-delà des propos que vous tenez à l’encontre du Chef de l’Etat, envisagez-vous un de faire une alliance avec lui ?
Je ne fais pas la politique pour faire des alliances, je fais la politique pour défendre la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens. Si un jour le Président Laurent Gbagbo défend les mêmes  causes que moi, naturellement nous nous retrouverons. Mais pour l’instant vous pouvez me considérer  comme un opposant authentique car je ne suis ni ministre ni président d’institution. Mais je voudrais vous rassurer, je ne suis pas contre sa personne. La politique, c’est surtout un débat d’idées, une compétition entre projets et bilans de tous ceux qui aspirent à se mettre au service de leurs concitoyens. Si cette compétition devient déloyale, haineuse et violente, c’est qu’elle ne participe qu’à la satisfaction de notre égo et de nos intérêts personnels. D’ailleurs, si monsieur Soro Guillaume est aujourd’hui le premier ministre préféré de monsieur Laurent Gbagbo, si monsieur Henri Konan Bédié est le meilleur allié de monsieur Allassane Ouattara, c’est bien la preuve qu’en politique le mot « jamais » n’existe pas. Cependant notre ambition est de restaurer la confiance entre les ivoiriens et la politique. Ce n’est pas facile, je le sais. Mais c’est indispensable que la Côte d’Ivoire ait des hommes de conviction en politique. Sinon tout est fichu. Je vous prie de me croire, la solution aux problèmes qui se posent à notre pays relève du leadership politique.
  
Depuis le vendredi 12 Février 2010, la crise à la CEI a emporté le président Beugré Mambé. Quel commentaire faites-vous ?
Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui ne tournent pas rond dans ce pays. Depuis cinquante ans nous sommes indépendants et nous recevons l’aide alimentaire d’un pays de cailloux comme le Japon. Depuis vingt ans, nous avons décidé d’être des démocrates et on a passé l’essentiel de notre temps à régler des problèmes artificiellement créés par des dirigeants politiques complètement dépassés. Enfin de compte leurs trophées ce sont le PPTE et la REBELLION. Nous n’avons pas le choix, il faut s’en débarrasser. Sinon nous passerons notre vie à régler des problèmes politiques. Comment se fait-il qu’après deux années de catastrophe au baccalauréat le ministre de l’éducation est toujours en place ? Comment n’ya t-il pas de responsabilité dégagée pour le délestage ? Parce que c’est la politique qui est l’essentielle. Le reste on s’en fout. Même s’il n’y a plus d’école, ça fait quoi ? Beaucoup, tout. S’il n’ya pas d’école, n’ya plus rien.
   
Ne pensez-vous pas que la présence de Beugré Mambé à la tête de la CEI pourrait faire peser de graves soupçons sur la crédibilité du résultat du scrutin suite à cette affaire de 429 000 ?
Mais à partir du moment où un candidat peut dissoudre la Commission électorale indépendante, à un mois des élections ça peut poser aussi un problème de confiance aux autres candidats. Que fait-on à présent ? Pas de CEI. Ça prendra combien de temps la composition d’une commission électorale indépendante et crédible ?  
 
Pensez-vous que la dissolution du gouvernement pourra booster le processus de sortie de crise comme prévu dans l’Accord Politique de Ouagadougou ?
Le président veut un gouvernement apolitique pour travailler pour les ivoiriens et booster le processus de sortie de crise. On verra. Jusqu’à présent aucun gouvernement de la deuxième république n’a pu faire une seule de ces deux choses. De combien de temps dispose le prochain pour réaliser cet exploit ?
 
L’opposition réunie au sein du Rhdp s’accroche aux résolutions 1633 et 1728 des Nations-Unies pour désavouer le Chef de l’Etat et entend protester par tous les moyens. Ne craignez-vous pas une escalade de la violence ?
Faisons leur confiance pour ne pas utiliser la violence.
 
Le RHDP subordonne sa participation au gouvernement par la restauration de la CEI dans ses droits, Qu’en pensez-vous ?
Comme je ne crois pas aux ivoiriens neutres, je souhaite qu’à présent les quatorze candidats soient représentés à la CEI. C’est la seule façon de s’assurer de sa crédibilité. Ensuite que la CEI échappe au contrôle d’un candidat, fusse t-il le Président de la République, et de l’article 48, pour quelle soit véritablement indépendante. C’est ça le vrai format.
L’entrée au gouvernement pose un vrai problème politique. Tous ceux qui ont accepté ou acceptent de rentrer au gouvernement reconnaissent que Monsieur Laurent Gbagbo comme Président de la République et sont automatiquement solidaires et comptables de tout ou partie de son bilan. Sont-ils prêts à l’assumer ? Tous les candidats ont une bonne occasion de prendre leur distance, à moins que l’argent sale des ministres soit plus important que tout le reste.    
 
De tout ce qui précède, quelle lecture faites-vous de façon générale de la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire ?
Nous venons encore une fois de plus de montrer au monde entier que nous avons du mal à nous faire confiance. Aucune résolution, aucun n’accord ne peut nous empêcher de mettre le feu à notre propre maison si telle est notre ultime volonté. Peut être qu’il faudrait demander à l’ONU de venir  gérer la télévision et organiser les élections ? 
 
Comment pouvez-vous demander qu’on confie la gestion des élections en Côte d’Ivoire à l’ONUCI, alors que la Côte d’Ivoire n’est pas sous tutelle ?
Quand les parents menacent l’intégrité morale et physique de leur propre enfant, on confie sa garde à une assistante sociale. En Côte d’Ivoire nous avons besoin de l’ONU pour ramasser nos ordures ménagères. Pour construire nos écoles, réhabiliter nos propres routes, nous faisons appel à la Banque Mondiale qui est un démembrement de l’ONU. Pour organiser ces élections, la communauté internationale a dépensé des centaines, des dizaines de milliards si ce n’est plus. Il nous faut un tuteur, n’ayons pas honte. Ouagadougou, ce n’est pas non plus la capitale politique de la Côte d’Ivoire ! Si Dieu nous a fait grâce du plus beau pays du monde et que nous n’en sommes pas dignes, il faut bien que d’autres s’en occupent. Si nos turpitudes représentent une menace pour la paix de la sous région. On fait quoi ?
 
Dans votre programme de gouvernement, vous proposez du travail aux Ivoiriens, tandis que dans vos meetings vous exigez qu’une catégorie d’Ivoiriens soient mise à la retraite. N’y a-t-il hiatus entre votre programme et ce que vous dites ?
Il faut bien que certains aillent à la retraite pour que d’autres apportent du sang neuf. Ceux de plus de 65 ans représentent moins de 5% de notre population. Ils sont démographiquement minoritaires. Ils sont bien au CPC mais pas dans l’exécutif. Normalement ce débat ne devrait pas exister. Car ceux dont je parle, nous ont déjà montré qu’ils ne peuvent rien nous apporter de mieux que ce que nous vivons depuis vingt ans.
 
Comment appréciez-vous les différentes interventions de certains guides religieux dans le débat politique ?
Les leaders religieux sont des Ivoiriens et ils ont le droit d’exprimer leur opinion sur la situation sociopolitique de la côte d’Ivoire. On s’attend à ce qu’ils le fassent avec neutralité et surtout avec spiritualité. Je souhaite qu’ils interviennent davantage. C’est leur rôle, c’est leur mission. Mais lorsqu’ils ne peuvent pas faire preuve d’impartialité, alors il est préférable qu’ils s’abstiennent. Je souhaite d’ailleurs qu’ils demeurent dans leurs rôles de conseiller spirituel et de facilitateur. Cela les exposera moins à la contestation. Il faut éviter d’en arriver à contester la crédibilité du représentant de Dieu ou pire d’une religion. On a assez de problèmes comme ça.
 
M. le président quel est votre avis sur le délestage de la CIE qui procède depuis un moment à des coupures intempestives d’électricité ?
Il parait qu’il fallait 120 milliards. A peine plus que les recettes douanières d’un mois de décembre. Comment a-t-on fait pour arriver à une telle situation ? Le délestage est sans doute arrivé avant le point d’achèvement. Voilà nous sommes à présent, pays pauvre trèsendetté, sans élections, sans électricité. PPTESESE !
 
La Côte d’Ivoire vient d’assister la population Haïtienne à hauteur de 500 millions de CFA. Cette action de portée humanitaire rencontre-t-elle l’assentiment de l’UPCI ?
Nous sommes pour l’humanité. Nous avons prié et observé une minute de silence pour nos parents d’Haïti à l’occasion de notre cérémonie des vœux. L’UPCI reconnait que les êtres humains sont tous frères et sœurs descendants d’un même parent originel, Dieu.  Surtout ne l’oublions pas, nous avons tous en nous un peu d’Haïti. A ce titre nous saluons le geste de notre gouvernement. Mais nous souhaitons que notre gouvernement manifeste au moins la même compassion et la même promptitude quand il s’agit des ivoiriens.
 
Quel regard portez-vous sur la prestation des Eléphants à la CAN 2010 ?

Les résultats mérités, quelque soit le domaine, sont l’aboutissement d’un long processus d’efforts et de sacrifices constitué, d’objectifs planifiés à court terme, moyen terme et à long terme en fonction des ressources nécessaires et des ressources disponibles. Et dans un environnement aussi compétitif que le sport, il faut aussi tenir compte de la capacité et de la stratégie des adversaires. Une sommation des meilleurs joueurs du monde, ne fait pas la meilleure équipe du monde, le football étant un sport collectif. Il faut raisonner en termes de complémentarité. Tous ceux qui accusent les joueurs, savent qu’aucun de ces professionnels accomplis n’avaient intérêt à faire une mauvaise prestation à une CAN aussi médiatisée. On a donné l’impression aux éléphants qu’ils avaient la responsabilité de résoudre notre crise politique et économique. Pression inutile et fatale. Allez ! Reprenons les choses par le commencement avec de vrais dirigeants. L’usage qu’on en fait est plus important que l’argent lui-même. Confiez nous ce pays si vous voulez arrêter de pleurer. C’est pas compliqué. 

Interview réalisée par Dosso Villard

Légende : Gnamien Konan estime qu’il faut confier l’organisation des élections à l’ONU pour plus de transparence.
 
 

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