DECLARATION DE L’U.P.C.I SUR LE BLOCAGE DU PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE
La crise née de l’affaire du croisement des 429. 030 cas litigieux par la C.E.I vient de déboucher sur une situation de total blocage, voire de remise en cause pure et simple du processus de sortie de crise, comme nous le redoutions. En effet, le vendredi 12 février 2010, le Chef de l’Etat a dissous le gouvernement et la C.E.I. En réaction, le R.H.D.P, par un communiqué de presse le samedi 13 février 2010, déclare ne plus reconnaitre monsieur Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat, qualifie de nulles et de nul effet les décisions de dissolution de la C.E.I et du gouvernement, parce qu’anticonstitutionnelles et antidémocratiques. Le R.H.D.P appelle t-il aussi toutes les composantes de la nation à s’opposer par tous moyens à la dictature. Comme on le voit, nous sommes entrés dans une zone de grandes incertitudes, annonciatrices de graves affrontements qui risquent de porter un coup fatal à notre pays, déjà fragilisé par 10 ans de crise absurde, alimentée par nos inconséquences. Face à cette dangereuse escalade, l’Union Pour la Côte d’Ivoire, (U.P.C.I), après la réunion de son directoire politique le mercredi 18 février 2010 :
1. Rappelle, comme elle l’a indiqué dans une déclaration précédente, que l’affaire du croisement des 429. 030 personnes par la C.E.I ne saurait servir de prétexte pour bloquer ou remettre en cause le long et coûteux processus électoral de sortie de crise qui était presqu’à terme.
2. Juge inacceptable la grave décision de dissolution du gouvernement et de la C.E.I, prise unilatéralement par le chef de l’Etat, en ce qu’elle remet de facto en cause le cadre du processus de sortie de crise tracé depuis le début par les accords successifs.
3. Réitère son appel à l’apaisement, à la retenue et à la sagesse à toutes les parties dans les déclarations, les prises de position et les actes, en raison de l’extrême fragilité de l’équilibre sociopolitique dans notre pays.
4. Invite toutes les parties au dialogue, à partir d’initiatives nationales, pour reprendre le processus de sortie de crise là où il s’est arrêté. Ce dialogue devra garantir :
- La prise en compte des nombreux acquis enregistrés par le processus de paix, notamment dans son volet électoral ;
- Un traitement équitable pour tous à la présidentielle, par la mise en place d’une transition, soit totalement neutre, excluant tous les candidats, soit totalement inclusive avec la participation de toutes les parties à l’animation des institutions, notamment la CEI et le gouvernement ;
- L’indépendance de la commission électorale pour des élections transparentes et crédibles, avec une date précise ;
- Des prises de décisions consensuelles, fruits de compromis, pour toutes les questions essentielles touchants au processus de sortie de crise.
Toutes les parties doivent faire preuve de dépassement, en ces heures graves, et privilégier l’intérêt de la Côte d’Ivoire et des populations, très éprouvées et otages des querelles de clochers des deux blocs minoritaires et antagonistes, qui monopolisent le débat politique pour leurs seuls intérêts. La grande majorité des Ivoiriens, silencieuse, qui ne se reconnait pas en ces belligérants, n’attend que les élections pour se choisir de nouveaux dirigeants soucieux de la paix sociale, de l’intérêt général et de la gouvernance. Il nous faut absolument ces élections dans les meilleurs délais. Les Ivoiriens nous regardent, le monde entier nous juge à nos actes.
Fait à Abidjan, le mercredi 18 février 2010
Pour l’U.P.C.I- le Président
Gnamien Konan