DECLARATION DE L’UPCI SUR L’AFFAIRE DES CROISEMENTS HORS PROCEDURE DE LA CEI ET SUR L’ACCES EQUITABLE A LA TELEVISION.
Par un communiqué de presse lu à la télévision nationale ,le lundi 11 janvier 2010, le porte parole du Président de la République a indiqué que le président de la CEI, M. Robert Beugré Mambé, a reconnu, dans un exposé fait en présence du représentant spécial de L’ONU et du représentant spécial du facilitateur, avoir autorisé de manière unilatéral et discrétionnaire un croisement complémentaire hors la Sagem et l’INS qui a mis en évidence 429.000 personnes à intégrer à la liste électorale provisoire. Suite à ce communiqué, le camp présidentiel, dans ses différentes composantes, a accusé le président de la CEI d’avoir inscrit frauduleusement, au profit de l’opposition, les 429.000 personnes issues du croisement dénoncé et demandé sa démission, ainsi que la recomposition de la CEI.
En réaction, le RHDP a apporté immédiatement son soutien au président de la CEI et a accusé, à son tour, le camp présidentiel de vouloir, par ces accusations, remettre en cause le processus électoral en vue d’imposer un nouveau report. Le président de la CEI, dans des déclarations à la presse, a affirmé que les informaticiens de la CEI ont effectué le croisement incriminé, en vue d’une projection interne, pour explorer la possibilité de trouver encore des Ivoiriens à récupérer. Il a ajouté avoir informé les membres du CPC de cette entreprise qui n’a permis aucune inscription hors procédure normale sur la liste électorale provisoire, malgré le disfonctionnement observé dans certains services.
En dépit des appels répétés à l’apaisement de la primature, qui a décidé de retirer du circuit les supports comportant les 429.000 cas litigieux, la polémique a enflée, la suspicion s’est installée entre les différents acteurs chargés de conduire le processus de sortie de crise à son terme. Pour cette affaire, Le Ministre de L’Intérieur a saisi le procureur de la République qui a ouvert une enquête.
Outre l’affaire Mambé, la jeunesse du RHDP, après une tentative infructueuse, projette de marcher le mardi 26 janvier 2010 pour, dit-elle, libérer la RTI de l’emprise intolérable du camp présidentiel.
Face à cette grave situation qui annonce des blocages prévisibles du processus électoral et qui menace la paix sociale, L’ UPCI, après analyse :
1) Lance un appel solennel à toutes les parties, qui se livrent à la polémique sur le croisement hors procédure des fichiers, à l’apaisement et à la retenue dans les différentes prises de position. La fragilité de l’équilibre social et politique actuel dans notre pays n’autorise ni les excès, ni les outrances.
2) Invite les deux camps antagonistes, et toutes les parties prenantes au processus électoral, à régler ce différent, et ceux à venir, dans le cadre tracé par leurs propres arrangements et accords, dont ceux de OUAGADOUGOU. Ils doivent éviter de se donner en spectacle et de transformer la polémique en une bataille de rue par jeunesses interposées.
3) Recommande à tous ceux qui redouteraient les élections, et qui par des manœuvres seraient tentés de provoquer un blocage artificiel du processus, d’avoir le courage de dévoiler leurs intentions en sollicitant un report en bonne et due forme à la Nation qui appréciera. L’UPCI, quant à lui, exige une date précise pour la tenue de la présidentielle. Pour lui, les disfonctionnements actuels de la CEI, notés et reconnus par cette institution, ne sauraient constituer un prétexte pour porter un coup d’arrêt au processus électoral qui est presqu’à terme. Notre pays ne peut se permettre le luxe d’une campagne électorale perpétuelle, avec une catégorie de candidats disposant des moyens de l’Etat et les dilapidant à volonté, alors que les autres candidats s’échinent avec des moyens de bords, pour diffuser leurs projets auprès des populations qui, elles, souffrent le martyr.
4) Exige un accès équitable pour toutes les sensibilités politiques aux médias publics, à la télévision nationale notamment. La RTI, en se ressaisissant par un traitement raisonnable et équitable de l’information, nous évitera sûrement des affrontements éventuels aux conséquences imprévisibles. Il est temps que la télévision publique nationale, qui fonctionne grâce aux redevances payées par tous les contribuables, ouvre ses antennes à chacun des 14 candidats à la présidentielle pour la présentation des différents projets de société à la nation. C’est une exigence démocratique minimale.
5) Demande instamment au gouvernement d’accorder aux medias d’état les moyens matériels nécessaires à l’accomplissement effectif de leur importante mission.
POUR L’UPCI – LE PRESIDENT
GNAMIEN KONAN