Qui peut voter, comment et où ?
Monsieur le porte-parole de la Commission électorale indépendante, après la réception de la liste électorale définitive, le 11 septembre, vous avez rendu public un communiqué le 16 septembre pour indiquer la date du début de la campagne électorale fixée au 14 octobre. De même que le nombre de lieux et bureaux de vote. Alors, doit-on dire que le processus électoral est irréversible ?
Tout à fait. Nous avons franchi effectivement une grande étape. Peut-être que les gens n’en mesurent pas l’ampleur mais aujourd’hui, comme l’a dit le Premier ministre, cette liste électorale définitive est devenu un patrimoine national parce qu’elle est une sorte de certificat de nationalité, vu qu’elle confère la nationalité à tous ceux qui sont inscrits. Donc c’est important que nous puissions comprendre l’ampleur de cette situation et savoir que tous ceux qui ont été enregistrés et validés lors cette opération, c'est-à-dire les 5.725.720 personnes sont d’office Ivoiriennes. Ces personnes ont été réparties sur une cartographie, sur un plan géographique et c’est ce qui nous donne des lieux et bureaux de vote. Nous avons procédé ainsi, pour une question de transparence et de partage équitable entre les différents lieux de vote. On a établi un répertoire de lieux de vote qui est reproduit sur une carte. Cela à des fins bien précises : rapprocher au maximum les bureaux de vote des électeurs, faire en sorte que l’on puisse voter, dans la mesure du possible, où l’on sait fait enrôler, éviter de longues files d’attente pour prévenir les bousculades, sécuriser les membres des bureaux de vote, les électeurs et les représentants des candidats, faire en sorte qu’il y ait de l’espace et que l’on ne soit pas saturé. Et aussi respecter les horaires (7h-17h), soit 10h de temps pour le vote et donc 600 minutes par bureau de vote (Bv). Il était important que l’on en définisse la taille. Ce qui donne un maximum de 400 électeurs par Bv. La loi nous indique une fourchette de 1 à 600 électeurs, pour un bureau de vote mais nous en avons pris 400 pour que tout le monde puisse voter, étant donné que nous sommes dans une élection de sortie de crise. En tenant compte, bien entendu, des abstentions.
Quel est le minimum d’électeurs adopté par bureau de vote ?
Nous avons déterminité un plancher parce qu’il y a des localités où il y a eu deux, trois, quatre personnes. Nous avons décidé, pour qu’il y ait un bureau de vote de prendre un plancher de 30 électeurs. Après donc avoir opté pour ces critères, nous avons eu 10.179 lieux de vote (Lv) et il y aura au total 20.073 bureaux de vote. Il peut y en avoir plusieurs sur un lieu de vote. Il fallait également tenir compte des lieux difficiles d’accès. Ainsi, nous avons prévu 400 électeurs maximum pour ces lieux et 200 pour ceux qui sont faciles d’accès. On a pris un plancher de 30 électeurs qui est assorti à des conditions d’accessibilité, de niveau d’équipement et de distances. Sur les 10.179 Lv retenus, nous en avons 711 qui ont moins de 30 électeurs. Il y a donc eu des regroupements de villages en tenant compte de la distance, de l’équipement et des infrastructures. Sur les 711 Lv, il y en a 631 qui ont été répartis et 32 qui ont été regroupés et accueillent des lieux voisins qui ont le même secteur administratif. C’est donc ce répertoire complet qui nous donne cette cartographie. Sans oublier que nous avons 3600 places publiques où nous allons faire les élections et qu’il fallait aussi tenir compte du fait que la loi nous interdit d’installer les bureaux de vote dans les domiciles. Par ailleurs, certains lieux de vote qui existaient en 2000, ont disparu parce que n’ayant enregistré aucun enrôlement, sans doute du fait des nombreux déplacements liés à la crise mais aussi de la suppression des Bv qui étaient logés dans des domiciles, notamment ceux de chefs de village. On a 23 Lv où il y a eu un seul électeur. Donc nous avons été obligés de les fusionner. Nous avons aussi privilégié les Lv qui ne sont pas loin de la commission électoral locale puis qu’après, il faudra y acheminer tous les documents et matériel. Nous avons donc bouclé notre cartographie électorale.
Tout ceci a-t-il été fait en collaboration avec vos partenaires techniques ?
Non. C’est un travail qui incombe essentiellement à la Commission électorale indépendante. Nous nous sommes basé sur le travail préalable effectué par l’Onuci, pour arrêter notre cartographie. Et nous l’avons signalé à nos partenaires techniques pour qu’ils puissent l’intégrer dans la base de données, afin de sortir une cartographie avec la liste électorale. L’intérêt d’une telle action, c’est l’acheminement aisé des cartes et de la liste électorale dans les endroits appropriés. Comme les conditionnements seront faits par les structures techniques (Ins et la Sagem), il faudra qu’elles disposent de la cartographie pour réaliser les paquets en fonction des localités et éviter ainsi que ceux d’une telle localité se retrouvent dans une autre.
Lors des réclamations, il y a eu des problèmes de code, au point que certaines populations ont été reversées dans d’autres localités dont elles n’étaient pas originaires. Est-ce que les corrections ont été faites pendant le contentieux ?
Oui, ce travail a été fait. Nous avons même reçu un village où près de 396 personnes ont été transférées dans un village voisin. Nous mettons cela sur le compte d’erreurs techniques. Lors de cette phase de réclamation, nous avons fait ce que l’on appelle ‘‘Opération réclamation en correction de code’’ au cours de laquelle ces personnes ont été ramenées à leur lieu d’origine. Cependant, il faut que nous fassions attention, car il ne faudrait pas que certaines personnes qui ne se sont pas faites enrôler dans une localité, parce qu’elles veulent changer de lieu de vote, viennent dire : «Nous voulons aller ici où là». Ce ne sera pas possible.
Avec la liste électorale définitive, nous savons désormais le nombre de personnes qui sont censées prendre part aux votes. Vous parliez tantôt de 5.725.720 électeurs. Les personnes qui avaient 16 ans lors de l’enrôlement sont-elles concernées ?
Les cartes d’électeur seront attribuées à tous ceux qui sont inscrits sur la liste électorale définitive. C'est-à-dire aux 5.725.720 personnes. Mais il y a une base de données population qui existe au niveau de l’Oni. Naturellement, quand nous aurons fini toutes nos opérations, sur cette base qui comporte 6.593.583 personnes et comportant des étrangers hors Cedeao, des Ivoiriens de moins de 18 ans et de 18 ans et plus, le système étatique se mettra en place et les autres iront faire leurs demandes pour les Cartes nationales d’identité (Cni). Nous, à la Cei, avons une liste électorale définitive qui est pour nous le socle de ce travail. Et c’est en fonction de celle-ci que le décret qui valide, qui attribue la Cni à tous ceux qui sont sur cette liste, a été pris. Nous allons donc leur délivrer leurs cartes d’électeur.
En ce qui concerne ceux qui avaient été enrôlés à l’âge de 16 ans, leur est-il possible, compte tenu du temps mis, de prendre part aux votes ?
Oui ! Ils peuvent être en âge de voter mais s’ils ne figurent pas sur la liste électorale, cela ne sera pas possible. Il faut savoir qu’il y a deux bases de données de la population : celle de l’identification et celle des élections. Comme je l’ai dit tantôt, nous travaillons sur la base de données élections qui a été validée et qui est donc la liste électorale définitive. Le chiffre retenu n’est pas le même, sur la liste provisoire, il y avait plus 5.776.000 personnes.
Lors du contentieux électoral, il y avait eu l’affaire des 42.000 personnes qui avaient des problèmes, donc qui étaient appelées à faire des réclamations. Parmi elles, il y avait des cas de doublon numérique, doublon pièce. Il y avait également environ 20.000 personnes dont les photos étaient floues et qui devaient les reprendre. Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait au point que ces personnes ne prendront pas part au vote le 31 octobre ?
Lors de l’identification, il y a eu effectivement ce que l’on appelle des rejets techniques. A savoir, des cas de formulaires orphelins, c'est-à-dire des personnes qui avaient leurs photos mais dont les données n’y figuraient pas, des cas de doublon biométrique, des photos inexploitables, etc. Au moment du contentieux, la justice a tranché les cas de doublon (deux personnes qui ont la même photo et qui ont les mêmes données). Si l’une des personnes se rend à la justice avec des éléments justificatifs, elle est prise en compte et la seconde est rejetée. Il n’y a pas de problème à ce niveau. En revanche, la difficulté se trouve au niveau des cas de ré-enrôlement (des personnes pour lesquelles on n’a pu avoir ni photos ni données et pour qui il faut reprendre tout le système). Il faut rappeler que le Cadre permanent de concertation (Cpc), en son temps, avait estimé que l’on n’avait plus le temps matériel pour faire cette opération. Et a décidé que ces personnes soient prises en compte après l’élection présidentielle. Nous ne faisons donc qu’appliquer cette décision qui s’impose à tous, y compris à la Cei. Et c’est ce que nous sommes en train d’appliquer avec les 5.725.720 personnes retenues. Ce sont elles qui auront leur Cni et les cartes d’électeur et qui iront donc aux élections. Les autres ont fait des réclamations que nous avons enregistrées mais qui, malheureusement, ne seront prises en compte qu’après la présidentielle.
Est-ce à dire que les cartes d’identité et cartes d’électeur seront remises avec des erreurs ?
Non ! Il y a plusieurs cas de figure. Vous faites allusion aux erreurs matérielles, moi, je parle des personnes qui ont leurs récépissés mais dont les données ne sont pas correctes, disponibles. Ces personnes, effectivement, seront enrôlées plus tard. A côté de celles-là, il y a des personnes qui ont enregistré des erreurs sur leur nom et qui ont fait des réclamations. Par exemple : Je me nomme Bamba Yacouba et au lieu de cela, on écrit Bamba Yacoubo. Mais il va sans dire que la Cni sortira avec les mentions Bamba Yacoubo, tout comme sur la liste électorale. C’est effectivement ce dernier qui viendra voter. Retenez que les corrections qui sont déjà enregistrées ne seront prises en compte qu’après la présidentielle.
Beaucoup de gens qui ont été enrôlés ont perdu leurs récépissés et rencontreront donc des problèmes au moment du retrait des cartes d’électeur et des Cni. Quels palliatifs proposez-vous?
Dans ces conditions, nous avons proposé que les personnes viennent avec les documents avec lesquels elles se sont fait enrôler (extrait d’acte de naissance, jugement supplétif). Et comme il y aura leur photo et leur nom, on pourra faire les vérifications avec les documents que vous avez fournis.
N’a-t-on pas besoin de présenter un certificat de perte ?
Ils peuvent en présenter un, mais cela n’est pas obligatoire.
A quel moment la cartographie sera-t-elle disponible ?
Certainement dans les jours qui suivent. Un décret sera pris dans ce sens. Et dès qu’il sera signé, nous rendrons publique la cartographie.
A quel stade sommes-nous aujourd’hui en ce qui concerne les activités au niveau de la Cei ? Pour ce qui est de l’impression des documents, l’Imprimerie nationale a-t-elle débuté les travaux ? Que fait-elle au juste, dans quel délai et qui sont ses partenaires ?
La loi nous dit que nous devons travailler avec l’Imprimerie nationale pour l’impression des documents électoraux et que nous devons tout mettre en œuvre pour les avoir. Mais naturellement, nous avons également fait un appel d’offres pour permettre à d’autres structures d’accompagner l’Imprimerie nationale et la Cei. Nous avons déterminé des conditions et adopté des critères techniques de sécurisation, notamment en ce qui concerne les procès-verbaux de dépouillement et les bulletins de vote. Nous avons insisté pour que ces deux documents essentiels pour le vote soient sécurisés le plus possible. Avec l’Imprimerie nationale, nous allons travailler et faire en sorte que toutes nos spécifications techniques puissent être respectées. Il y a eu un procès-verbal qui a été donc arrêté par les structures techniques et la Cei et sera exécuté sur le territoire national avec l’Imprimerie et les autres partenaires qui seront retenues. Il n’y a donc pas de problème. Toutefois, il n’y a pas que ces deux documents, il y en a aussi d’autres, notamment les spécimens de bulletin de vote, les Pv de dépouillement, les feuilles de pointage, les feuilles de résultats de scrutin, le Pv de recensement du vote régional, le code électoral (chaque bureau de vote doit en avoir un exemplaire), les affiches des candidats, à raison de 100.000 exemplaires par candidats en couleur et portraits en noir et blanc. De même que les fiches de recueil de transmission, l’indentification, la numérotation des bureaux de vote, les enveloppes, le décret convoquant le collège électoral… Comme vous le constatez, les documents électoraux sont nombreux. Mais ceux qui sont essentiels, pour nous, ce sont les bulletins de vote et les procès-verbaux de dépouillement qui doivent bénéficier d’une certaine sécurisation pour qu’on ne les falsifie pas ou qu’on ne fraude. Mais souffrez que je ne vous précise pas les éléments de sécurisation.
Quel délai l’Imprimerie nationale et ses partenaires ont-ils pour faire tous ces documents. Parce qu’il y a quand même beaucoup de candidats ?
Il y a 14 candidats et nous sommes dans les temps. Nous avons reçu les dossiers d’environ 50 entreprises qui ont soumissionné à notre appel d’offres. Nous allons faire, dès ce lundi, les pré-qualifications et retenir les imprimeries qui pourront travailler avec nous. Mais soyez rassuré, nous sommes dans les délais, en ce qui concerne les affiches et documents électoraux. Pour ce qui est de la confection et de la production des bulletins de vote, ce sera pour le mois d’octobre ; et pour les affiches, vers fin septembre. Nous serons prêts à temps parce que nous sommes très avancés. Nous avons déjà arrêté la maquette du bulletin de vote et du Pv de dépouillement. Il s’agit maintenant de passer à l’impression. Je le répète, nous sommes dans les temps et nous n’avons pas d’inquiétude.
Au terme d’une séance de travail la semaine dernière, l’Onuci a remis à ses partenaires un plan appelé ‘‘Planification du support logistique pour la distribution des cartes et de la liste électorale’’. Alors l’Onuci travaillera du 10 au 13 octobre et la Cei du 14 au 18 octobre. Et la phase qui vous concerne, c’est celle des chefs-lieux de sous-préfecture, communes et villages. La Gtz qui s’était proposée de l’exécuter s’est finalement retirée au profit de Unops. Quelles en sont les raisons ?
Par le passé, nous avons travaillé avec Unops et c’est ce même travail qui consiste à recevoir la liste électorale et aller l’afficher. L’Onuci se charge de les transférer jusqu’aux commissions locales départementales, sous- préfectorales et communales. Puis nous prenons le relais des Cel jusqu’aux bureaux de vote. La Gtz nous avait sollicité pour faire ce travail qui, finalement, a été confié à l’Onuci. Nous allons donc continuer sur le même schéma. L’Unops sera notre partenaire, mais ce n’est pas elle mais plutôt la Cei qui se chargera de transporter le matériel vers lesdits lieux et bureaux de vote. C’est un schéma que nous avons déjà exécuté et nous sommes très à l’aise pour le rééditer.
En dépit de l’expérience passée, il va tout de même se poser un problème de logistique. On se plaint de plus en plus de la dégradation avancée l’état des routes qui sont très dégradées rendant pratiquement impossible l’accès à certains campements, villages et villes. Quelles garanties donnez-vous et avec quels moyens logistiques comptez-vous relever ce défi ?
C’est pourquoi il est était bon pour nous de finaliser notre carte électorale pour déterminer les lieux et bureaux de vote, les endroits où nous allions faire des opérations. Nous avons la liste des différents lieux de vote difficiles d’accès et nous savons comment y accéder. Il y a l’Onuci qui pourra nous y aider éventuellement. Par le passé, nous avons eu des hélicoptères, des hors-bords, des 4X4… pour aller sur le terrain. Nos commissions locales ont la parfaite maîtrise de ces localités. Il s’agit juste de les actionner pour pouvoir aller sur le terrain. Nous n’avons pas d’inquiétude à ce niveau.
Une bonne élection, c’est d’abord une bonne campagne électorale. La Cei peut-elle exiger du gouvernement le profilage des routes et des pistes pour faciliter la circulation?
Nous avons coutume de dire que chacun doit jouer son rôle. C’est vrai que nous devons attirer l’attention des uns et des autres sur le fait qu’il faut faire en sorte, s’il y a des possibilités, que tous les différents lieux de vote soient accessibles, mais nous n’allons pas en faire une exigence. Nous avons identifié ces zones et nous allons faire le maximum, sauf si elles ont moins de 30 électeurs. Dans ce cas, nous allons regrouper ces bureaux en nous éloignant des zones difficiles d’accès. Par contre, là où nous sommes contraint d’aller, nous irons.
A quel niveau de satisfaction êtes-vous aujourd’hui, au niveau des décaissements ?
Dans nos différents communiqués, nous nous réjouissons, parce que nous avons adopté un calendrier de décaissement au niveau de la Cei, par rapport à toutes ses tâches axées, pour l’essentiel, sur la logistique. Le trésorier a tout regroupé avant de discuter avec le service financier et l’Etat qui a validé notre plan de décaissement. Et l’argent sera disponible à une période bien déterminée pour faire face aux différentes tâches. Nous n’avons pas à nous plaindre pour l’instant. Le ministre de l’Economie et des Finances a déclaré, à maintes reprises, que des fonds ont été sécurisés à cet effet. Nous aurons les moyens nécessaires pour nous déployer parce que toutes les grandes étapes ont été assorties d’un plan de trésorerie.
Nous encourageons l’Etat à tout mettre en œuvre pour que ces fonds soient disponibles.
En dépit de votre foi, certains observateurs et des Ivoiriens pensent que le délai est très court. Et quiconque va faillir à sa mission influencerait l’ensemble du processus électoral.
Nous sommes confiants et sereins parce que nous avons établi un chronogramme qui va jusqu’au 31 octobre et que nous sommes en train de respecter. Et je vous ai dit qu’à partir de la liste électorale définitive, tous les autres opérateurs sont exclus au profit uniquement de la Cei. Il suffit que les moyens soient mis à disposition pour que nous y arrivions. Nous travaillons avec l’Onuci qui va nous aider sur le plan logistique. Nous ne sommes plus qu’en attente de la liste électorale définitive pour aller sur le terrain. Nous avons déjà adopté tous les critères de recrutement du personnel des bureaux de vote (4 par bureau). Mais comme ces personnes y sont très importantes, nous n’allons pas les désigner maintenant pour ne pas qu’elles soient sujettes à une certaine corruption. Ce sont le personnel et des agents de l’Etat en général et je pense que l’on peut retracer leur parcours. On peut savoir si on peut leur confier certaines responsabilités. Il n’y a pas de problème à ce niveau. Même le profil des agents de distribution a été déterminé et adopté et au moment opportun, ils seront recrutés pour faire le travail. Le matériel électoral est disponible et stocké dans les entrepôts. Mais pour des raisons de sécurité, nous n’allons pas dévoiler les lieux. Car vous n’êtes pas sans savoir qu’en Guinée, des personnes sont allées brûler des entrepôts.
A quand la liste électorale imprimée?
Sagem nous a rassuré que conformément à notre programme, c’est-à-dire avant la mi-octobre, nous allons recevoir la liste. Vous risquez même d’avoir des surprises. Il est fort probable que nous l’ayons avant la date indiquée. La campagne électorale s’ouvre à partir du 14 octobre pour se refermer le 29 octobre à minuit. Nous serons dans les temps en ce qui concerne les documents électoraux. Pour l’instant, nous sommes en attente des listes électorales définitives sur support papier et des cartes d’électeur pour les distribuer. L’Etat de Côte d’Ivoire nous a assuré de la mise à disposition des fonds. Certes, le chronogramme est serré mais il y a des étapes qui sont en train d’être respectées au fur et à mesure pour passer à la suivante. Nous sommes conscients qu’il y a du boulot, mais nous sommes travaillons pour respecter les échéances.
Parmi les électeurs potentiels figurent environ 4 000 personnes (3 500 Africains et 500 Libanais) qui iront au pèlerinage cette année. Sur les 3 500 Africains, la majorité sont des Ivoiriens. Un plan précis est-il prévu pour qu’ils puissent voter avant ou pendant la date retenue?
Non. Il n’y a pas de plan précis qui est prévu pour le vote des pèlerins. Il y a une date constitutionnelle qui a été arrêtée et nous allons faire les élections à cette date. Nous sommes à une élection de sortie de crise donc nous devons faire très attention aux transferts. Nous allons éviter que des personnes se déplacent d’une localité à une autre pour voter. C’est pourquoi, nous avons dit que chacun votera où il s’est fait enrôler. Naturellement, il y a des personnes d’astreinte, c’est-à-dire les agents de bureau de vote, des forces de sécurité qui seront déployées le jour des élections et les commissaires de la Cei , qui eux, bénéficieront naturellement de dispositions particulières. Tout a été déjà arrêté et une ordonnance a été à cet effet signée par le Président. S’agissant pratiquants -cela aurait pu concerner aussi les chrétiens qui vont en pèlerinage à Lourdes ou ailleurs- nous n’avons pas de dispositions particulières.
Mais vous vous souvenez que lorsque la date avait été fixée à novembre 2009, des voix s’étaient élevées pour dénoncer une volonté d’exclusion des musulmans qui vont à la Mecque. Est-ce que certains ne vont pas encore parler d’exclusion et proposer comme alternative, un report léger ?
Ce sont des hypothèses. Je crois savoir qu’en son temps, le problème avait été posé et nous avions même rencontré le Cheik Boikary Fofana. Nous avions alors décidé d’ouvrir une commission locale en Arabie Saoudite. Le problème, c’est que nous n’avions pas eu les autorisations nécessaires pour nous y rendre. Nous n’avons donc pas pu effectuer les missions exploratoires parce que nos agents n’ont pas pu avoir le visa. Si bien que la commission électorale n’a pu être installée en Arabie Saoudite. S’il y a en avait une, peut-être que ceux qui y seront, auraient pu voter.
Quelles sont les conditions d’accréditation et le nombre de personnes accréditées comme observateurs électoraux ? En outre, quels sont les territoires qu’ils sont appelés à superviser ?
Nous souhaitons qu’il y ait assez d’observateurs sur le territoire ivoirien. Effectivement, nous sommes très sollicités actuellement en ce qui concerne les accréditations. Nous avons produit un communiqué pour annoncer la fin de dépôt de candidatures pour le 30 septembre. Mais nous avons été approchés pour proroger le délai pour ceux de l’étranger. Parce que comme vous le savez, ce sont des personnes qui viennent la veille des élections. Nous avons accepté de le faire. Nous avons déjà accrédité 15 structures et 37 autres dossiers sont en instance de l’être. Sachez que c’est tous les jours que nous recevons les demandes d’accréditation. Il y a des dossiers à fournir et une fiche à remplir. Soit vous venez au siège pour la remplir avec les documents à fournir, soit nous vous l’envoyons par courriel. Précision de taille, il faut que vous ayiez pour objet, l’observation du processus électoral et une expérience en la matière. Pour faciliter votre demande, il est important que vous puissiez avoir des compétences avérées. Il ne faudrait pas que des Ong récentes et peut-être au service de certains partis politiques viennent pour l’observation de l’élection. Parce que l’objectif de l’observation, c’est de pouvoir suivre et produire un rapport sur le déroulement de l’opération. Il ne s’agit pas de venir travailler pour les partis et biaiser quelque peu cette observation. Nous avons été sollicité pour que ceux qui viennent de l’étranger soient soumis aux mêmes critères que ceux de la Côte d’Ivoire, vu que les documents qui ont été demandés aux nationaux sont contraignants et qu’il se peut que les étrangers ne puissent pas disposer. Naturellement, nous avons la Cedeao , l’Union européenne, l’Union africaine, la Francophonie …. Il n’y a pas de problème à ce niveau, nous allons accéder à ces demandes.
Plusieurs Cei départementales et locales louent des bâtiments privés. Certains propriétaires se plaignent d’arriérés allant jusqu’à 16 mois. Ils menacent même de récupérer leurs maisons et de les donner à bail. Avec les décaissements, pouvez-vous régler cela?
Je suis en contact avec le secrétariat général. Les régies ont débuté les paiements. Certains propriétaires ont commencé à recevoir de l’argent. Tout ceci est fonction des fonds qui sont alloués par la trésorerie et qui ont des chapitres bien déterminés. Quand nous les recevons, certains sont alloués au paiement des baux administratifs, d’autres aux sociétés de gardiennage qui sécurisent nos locaux. Je pense que les arriérés sont dus à la situation de trésorerie de l’Etat.
Si les propriétaires de ces maisons apprennent que le ministère des Finances a procédé des décaissements et qu’il y a des arriérés de 16 mois, ils vont s’inquiéter.
Je sais qu’il y a des arriérés mais jusqu’à 16 mois, je n’en suis pas certain. Ce que je peux vous dire, c’est que les paiements se font et qu’actuellement, les propriétaires se rendent au secrétariat général à cet effet. L’argent rentre mais il est aussi affecté à des tâches bien précises.
Intéressons-nous, pour finir, à la question de la sincérité des présidents des bureaux de vote lors de la proclamation des résultats. Avec la polémique que l’on a connue lors des réclamations dans le cadre du contentieux électoral et judiciaire, faut-il songer à des changements ou ce sera une simple reconduction ?
Pour le recrutement des agents électoraux, nous allons demander en priorité la liste des fonctionnaires de l’Etat et personnel assimilé qui sont en fonction. Maintenant, si dans une localité donnée, leur nombre ne suffit pas, on pourra alors avoir recours aux fonctionnaires à la retraite et même aux enseignants bénévoles qui ne sont peut-être pas des fonctionnaires mais qui ont un statut bien déterminé en zone Cno. Mais il faut que ces personnes susmentionnées puissent avoir une tutelle pour qu’en cas de manquement, elles puissent être poursuivies et sanctionnées. Nous allons faire les recrutements en tenant compte d’un certain nombre de critères et former ces personnes pour qu’elles soient loin des chapelles politiques. Si vous êtes militant avéré d’un parti politique, si vous êtes de mauvaise moralité, handicapé physique, psychique… on ne pourra pas vous recruter. Ce ne sont pas seulement des personnes qui ont travaillé comme chef de centre. Parmi elles, il y a aussi des fonctionnaires. Nous allons avoir la liste et en fonction de cela, nous choisirons ceux qui présentent le meilleur profil pour cette tâche.